Possibilités d'emploi pour les demandeurs d'asile

Les demandeurs d'asile ne sont pas autorisés à travailler pendant la première période de leur séjour en Allemagne. Cette interdiction s'applique en règle générale tant qu'ils séjournent dans un centre d'accueil, même si, dans de nombreux cas, une activité professionnelle peut déjà être autorisée au bout de trois mois.

Au terme de ces (au moins) trois mois, les réfugiés titulaires d’une autorisation provisoire de séjour ou d’une tolérance doivent également obtenir l’accord de l’Agence fédérale pour l’emploi (BA) pour obtenir un permis de travail ou une autorisation d’emploi. L'examen de priorité par la BA n'est plus applicable depuis le 1er mars 2020. Il a été en grande partie supprimé avec l'entrée en vigueur de la loi sur l'immigration des travailleurs qualifiés. L’examen du poste de travail par la BA, décrit ci-dessus, continue toutefois d’être appliqué. Jusqu’à l’expiration du 48e mois, les demandes de permis de travail doivent être déposées auprès du service des étrangers, qui les transmet à la BA. Pendant cette période, le permis de travail n’est délivré que pour un emploi spécifique. À l’issue du 48e mois de séjour, les personnes bénéficiant d’une tolérance ou d’une autorisation provisoire de séjour obtiennent un permis de travail délivré par le service des étrangers sans autre examen par l’Agence fédérale pour l’emploi.

Les demandeurs d’asile enregistrés en Allemagne depuis moins de trois mois, ceux qui doivent quitter le territoire ou ceux qui vont prochainement être expulsés ne reçoivent pas de permis de travail. Cela inclut également les demandeurs d’asile originaires de pays d’origine sûrs.

Les personnes reconnues comme réfugiés et titulaires d’un titre de séjour sont autorisées à travailler à temps plein. En effet, toutes les personnes titulaires d’un titre de séjour pour des raisons de droit international, humanitaires ou familiales sont généralement autorisées à travailler sans aucune restriction, y compris en tant qu’indépendants.

Décisions du BAMF en matière d’asile et leurs conséquences sur l’accès à l’emploi 

Le BAMF (Office fédéral des migrations et des réfugiés) statue sur les demandes d’asile des demandeurs d’asile et, par conséquent, sur leur accès au marché du travail. Cette procédure dure en moyenne environ 11 mois (données du BAMF, situation en juin 2026), mais sa durée peut varier en fonction du pays d’origine. Les possibilités suivantes existent :

1. Les demandeurs se voient accorder l’asile en Allemagne en tant que personnes persécutées pour des raisons politiques.

2. Les demandeurs sont reconnus comme réfugiés et bénéficient d’une protection au titre de la Convention de Genève relative au statut des réfugiés, lorsque leur vie ou leur liberté est menacée dans leur pays d’origine en raison de leur origine ethnique, de leur religion, de leur nationalité, de leur appartenance à un groupe social ou de leurs convictions politiques.

Ces deux groupes se voient délivrer un titre de séjour valable trois ans, qui leur permet de travailler sans restriction. À l’issue de cette période, on vérifie si la situation dans le pays d’origine s’est améliorée. Après cinq ans de séjour, un titre de séjour permanent peut être délivré, pour autant que les autres conditions (moyens de subsistance, connaissances de la langue allemande, etc.) soient remplies ; en cas de très bonnes connaissances linguistiques (niveau C1 du CECR) et de moyens de subsistance largement suffisants, cela est possible dès trois ans.

3. La protection subsidiaire est accordée lorsqu’un préjudice grave menace dans le pays d’origine, tel que la peine de mort, la torture, des traitements dégradants, des sanctions ou des menaces contre la vie résultant de conflits armés.

Ces personnes obtiennent également un titre de séjour de trois ans et peuvent prétendre à un titre de séjour de longue durée après cinq ans. Le titre de séjour n’est pas renouvelé si les motifs justifiant son octroi viennent à disparaître.

4. Interdictions d’éloignement – Les demandeurs d’asile ne peuvent pas être éloignés si un éloignement est illicite au regard de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). Une interdiction d’expulsion s’applique lorsqu’un danger grave menace en cas de retour dans le pays de destination, comme c’est le cas notamment en cas de maladie existante pour laquelle aucun traitement adéquat n’est possible dans ce pays.

Dans ce cas, un titre de séjour d’au moins un an est accordé, avec possibilité de prolongation. L’exercice d’une activité professionnelle est autorisé sans restriction. Au bout de cinq ans, un titre de séjour permanent peut être accordé si les autres conditions (moyens de subsistance, connaissances de la langue allemande, etc.) sont remplies.

5. Rejet de la demande d’asile. Les réfugiés risquent l’expulsion s’ils n’introduisent pas de recours dans les délais impartis. L’accès à l’emploi n’est pas autorisé, sauf si une tolérance est accordée.

6. Irrecevabilité de la demande d’asile en raison de la compétence d’un autre État membre. Le BAMF peut expulser les réfugiés vers un autre pays de l’UE (compétent pour leur dossier). Dans ces cas également, l’exercice d’une activité professionnelle en Allemagne n’est pas autorisé.

Possibilités de formation professionnelle

Toute personne issue de l’immigration peut commencer une formation professionnelle scolaire en Allemagne, quels que soient son pays d’origine, la durée de son séjour en Allemagne et son statut de séjour. Il n’est pas nécessaire de demander l’autorisation du service des étrangers. Cela ne s’applique toutefois pas à la formation en entreprise. Dans ce cas, un permis de travail délivré par le service des étrangers est nécessaire. Pour l’obtenir, il faut présenter un contrat d’apprentissage. Pour les personnes qui arrivent en Allemagne dans le cadre de la nouvelle loi sur l’immigration des travailleurs qualifiés, un contrôle de priorité par l’Agence fédérale pour l’emploi est nécessaire. Les réfugiés qui commencent un apprentissage en Allemagne doivent être autorisés à rester en Allemagne pendant toute la durée de leur formation, puis bénéficier d’un délai supplémentaire de six mois pour rechercher un emploi. Des aides financières sont disponibles pour la durée de la formation, tant pour les personnes bénéficiant d’une tolérance que pour celles disposant d’une autorisation de séjour provisoire. Vous pouvez consulter ici en détail quels groupes de personnes peuvent bénéficier des différents dispositifs d’aide et à quel moment. Les personnes bénéficiant d’un droit d’asile reconnu ne sont soumises à aucun délai d’attente. Les personnes embauchées à l’issue de leur formation ou trouvant un emploi ailleurs obtiennent un titre de séjour pour deux années supplémentaires.